Crédit Photo : Yann H. Contratto, Expert odeur sénior – Centre de biométhanisation de Ribe : BioGas a/s (Danemark – Juillet 2014)

La biométhanisation pour diminuer les odeurs

 

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Par Yann H. Contratto, Expert odeur sénior, Président de OlfactoExpert inc et fondateur de OlfactoNetwork.

Article du magazine 3RVE, 2014

 

OlfactoExpert propose une large gamme de modèles de dispersion atmosphérique parmi les plus pointus pour les réalisations des E.I.O. (Étude d’Impact Odeur).

Retours d’expériences pour que les alarmistes respirent normalement

Les groupes de pression militant contre l’implantation d’usine de biométhanisation en raison des odeurs potentielles ont tort. Leurs conceptions inclut des unités de désodorisation, rendues obligatoires par des études basées sur les spécifications du MDDELCC, qui garantissent un assainissement approprié.

Dans la quasi-totalité des cas étudiés, l’implantation de projet de biométhanisation permet d’améliorer le paysage olfactif du secteur concerné. Sur un échantillon d’une vingtaine de projets d’usine de biométhanisation en Amérique du Nord, les études d’impact odeur démontrent que la fréquence et l’intensité des odeurs avaient diminuées de 55% à 92% par rapport aux conditions précédentes.

De nombreux facteurs de réduction des odeurs

Le taux d’abattement des nuisances olfactives est d’autant plus élevé lorsque les projets de biométhanisation sont implantés à même les stations de traitement des eaux usées (STEU) ou de matières résiduelles (MR), et de nombreux facteurs permettent d’améliorer efficacement la qualité de vie des résidents.

BioMethanisation V4

Selon les états, il est possible d’intégrer différentes spécificités locales.

La biométhanisation a pour vocation de convertir la fraction biodégradable de différents types de MR en biométhane, un biogaz riche en méthane (combustible) mais également en de nombreux composés chimiques odorants concentrés dont notamment les soufrés aux seuils de perception olfactifs très bas, et les azotés. Tous doivent être épurés efficacement. En conséquence les premiers facteurs d’influence sont la qualité et le dimensionnement des procédés de désodorisation. De nombreuses technologies chimiques et biologiques sont éprouvées pour abattre les odeurs à la source. C’est parfois l’occasion de relier d’autres sources secondaires, mais dans tous les cas l’intégration d’une garantie d’abattement tant chimique qu’olfactive est cruciale.

La conception des unités de biométhanisation et des bâtiments associés, fermés et étanches, permet d’éviter toute émanation fugitive ou volumique tout en concentrant les odeurs vers leurs unités de traitement.

Enfin, selon les cas, la diminution des quantités de MR secondaires transportées constitue également un facteur d’amélioration notable. Dans le cas des projets de biométhanisation conjoint à des STEU par exemple, les bénéfices sont nombreux : Outre l’amélioration du bilan environnemental associé aux économies de transports des résidus, ce type de cohabitation permet l’utilisation de courts pipelines, étanches, entre production des boues et digesteurs anaérobies. Ce changement est important car il annule de nombreuses sources d’émissions. Parmi elles, on peut citer les convoyeurs, chargements et transports des boues par bennes. Ces pipelines mettent fin aux précédentes ouvertures de portes difficiles à contrôler ainsi qu’aux bouffées d’odeurs concentrées si problématiques. Finies également les unités de traitement désuètes, munies de cheminées trop courtes et dans tous les cas si difficiles à contrôler pour les opérateurs de STEU.

Enfin, ces projets mettent fin aux différentes déshydratation des boues qui constituaient parfois de véritable procédés de générations d’odeurs. Les «anciennes» boues générées étant humides, elles avaient en conséquence un gigantesque potentiel de libération de composés volatils lors du séchage. À contrario, le digestat extrait des digesteurs est maturé à l’intérieur même du bâtiment de production et engendre des granules presque secs, avec de très faibles concentration odeur et une qualité odorante s’apparentant souvent à des odeurs de sous-bois !

La considération attentive du MDDELCC

 

Au Québec, chaque certificat d’autorisation fait l’objet d’un examen attentif de la part du ministère de l’environnement qui a pour l’occasion complété les articles des normes d’air ambiant prescrites au «Règlement sur l’assainissement de l’atmosphère» (Articles 196, 197 et 202 du RAA – Gazette Officielle, Juin 2011) par des lignes directrices adaptées à l’encadrement des activités de biométhanisation et de compostage (2012).

Bien que les critères définissant les fréquences tolérées des concentrations d’odeurs pour le public soient strictement encadrés, les projets évalués jusqu’à présent permettent non seulement de se qualifier mais prouvent qu’il est possible d’apporter une nette diminution des épisodes olfactifs tant en fréquence qu’en gravité.

Une multitude de traitements disponibles

La biométhanisation nécessite l’intégration d’experts en olfactométrie pour veiller aux plus importants paramètres d’émissions et de contrôle des odeurs, notamment sur la planification des performances des unités de désodorisation :

«Pas de roses sans épine»

Les projets de biométhanisation s’illustrent par une amélioration significative du paysage olfactif. Mais attention toutefois à ne pas les idéaliser car aussi sévères que soient les critères du MDDELCC et mêmes s’ils sont respectés, ils ne signifient en aucun cas l’atteinte illusoire d’un niveau «zéro odeur» :

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